Mémoire

<= Retour

La mémoire est un système complexe, et peu fiable. En premier lieu, lorsqu’une personne prête attention à un ensemble des perceptions, celles-ci entrent dans sa mémoire à court terme, où elles resteront quelques secondes. Si le souvenir est bien structuré (on dit qu’il est encodé), il va alors pouvoir être stocké en mémoire à long terme. Le souvenir pourra par la suite être consolidé, en particulier pendant les phases de sommeil suivant sa formation.

Une fois le souvenir stocké, lorsqu’une situation l’évoque il est rappelé en mémoire. Le rappel du souvenir est un processus à la fois de souvenir, et de révision : le souvenir est ré-encodé et reconsolidé. Cela signifie qu’à chaque fois que l’on accède à un souvenir, celui-ci est potentiellement altéré et déformé (augmentant par la même le risque de créer de faux souvenirs).

La mémoire peut être explicite – pouvant être mise en mot – ou au contraire implicite (mémoire dite procédurale, par exemple lorsqu’on apprend à faire du vélo).

Lorsque la mémoire dysfonctionne, cela peut venir de chacune de ces différentes étapes. Par exemple :

  • Un déficit de l’attention, tel qu’on peut en rencontrer dans le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, peut empêcher un le souvenir d’accéder à la mémoire à court terme – il ne peut donc être stocké.
  • Dans les troubles du sommeil, la consolidation en période de sommeil est parfois perturbée.
  • Dans le trouble de stress post-traumatique, la fonction de rappel est perturbée, faisant surgir les souvenirs traumatiques de façon incontrôlée,
  • Dans certaines maladies neurodégénératives, la fonction de rappel mnésique est altérée, et les souvenirs semblent perdus car la personne n’arrive pas à les rappeler à sa conscience.
  • Il arrive que la mémoire explicite soit affectée alors que la mémoire implicite reste intacte, par exemple dans certaines amnésies ou la personne oublie ses souvenirs et jusqu’à son nom, mais n’oublie pas pour autant comment utiliser un ordinateur.

En vieillissant, il peut arriver que la mémoire se dégrade. Il peut s’agir alors d’une maladie neurodégénérative, que votre médecin pourra vous aider à identifier. Dans tous les cas, bien vieillir va nécessiter de s’adapter à cette évolution, par exemple avec des méthodes de compensation ou de remédiation cognitive.