Thérapie d’exposition

Vous êtes ici :
<= Retour

La thérapie d’exposition fonctionne comme une “vaccination émotionnelle”, dans laquelle la personne souffrant d’une incapacité à se confronter à une situation ou un stimulus, va affronter ses émotions pour les surmonter. Cette forme de thérapie a vu son efficacité reconnue dans de très nombreuses études scientifiques internationales – il s’agit vraisemblablement de l’approche thérapeutique la plus validée scientifiquement au monde (par exemple dans le traitement de l’anxiété, du stress post-traumatique et des phobies). Contrairement à certaines idées reçues, les thérapies d’exposition n’ont pas d’effets rebond ou de déplacement de symptômes, comme de très nombreuses études à long terme on pu le démontrer.

On sait depuis les expériences de conditionnement de Pavlov et Skinner que suite à un conditionnement, on peut associer des émotions et même des comportements à des stimuli. Par exemple, si un enfant se fait humilier et brutaliser par les adultes détenant l’autorité sur lui à chaque fois qu’il essaye de parler, il va développer une peur pathologique de prendre la parole : c’est un conditionnement (il a associé la prise de parole avec la peur de la douleur et de l’humiliation).

Mais on sait aussi qu’il est possible de rompre cette association. Il s’agit de confronter la personne conditionnée au stimulus, et de prévenir sa réaction émotionnelle ou comportementale (par exemple en remplaçant sa réaction usuelle par de la relaxation). Dans le cas de l’enfant dont nous parlions ci-dessus, il s’agira de l’amener à prendre la parole pour constater qu’il ne se fait pas frapper, et se rassurer : l’enfant est exposé au stimulus effrayant (la prise de parole) mais sans associations avec ce qui lui fait peur (sans brutalité). Parce que cette confrontation est anxiogène et pénible, elle doit être effectuée de façon très progressive, afin d’accompagner la personne dans son cheminement, à son rythme et sans le brutaliser (brutaliser ou effrayer la personne aurait l’effet inverse, et aggraverait le conditionnement).

Références

Hofmann, S. G., Asnaani, A., Vonk, I. J., Sawyer, A. T., & Fang, A. (2012). The efficacy of cognitive behavioral therapy: A review of meta-analyses. Cognitive therapy and research36(5), 427-440.