Résolution de problèmes

Explications en vidéo

La vidéo ci-dessous explique les grands principes de la résolution de problèmes en TCC :

La seconde vidéo explique comment chiffrer les stratégies sélectionnées lors d’une démarche de résolution de problème. Dans les cas de résolution effectuée en groupe (entreprise, couple, famille) ce chiffrage doit être effectué indépendamment par chacun des membres du groupes, avant la mise en commun. Une discussion s’en suit pour valider les estimations des uns et des autres (en cherchant une solution maximisant les avantages pour tous : une solution dite “gagnant-gagnant”).

A quoi ça sert ?

La résolution de problèmes est une intervention utile lorsque les patients rencontrent des difficultés, des dilemmes et des problèmes, ou lorsqu’ils éprouvent des pensées répétitives telles que des ruminations dépressives ou anxieuses. Les patients vont alors exprimer au praticien leur mal-être par des affirmations pessimistes ou des interrogations, ressemblant à :

  • Je ne sais pas quoi faire !
  • Je ne sais pas comment faire !
  • Ce que je fais ne fonctionne pas !
  • Je ne sais pas par où commencer…
  • Est-ce que ça va empirer les choses ?
  • Comment savoir si cela fonctionnera ?
  • Ce problème ne peut pas être résolu !
  • Et si c’était résolu et que je n’aimais pas le résultat… ?

Distorsions courantes

On rencontre généralement trois formes de distorsions cognitives courantes concernant les problèmes de vie.

Des problèmes uniques

La première forme est la croyance que « mes problèmes sont uniques », exprimée par le patient avec des phrases telles que :

  • Les autres n’ont pas de tels problèmes
  • Mes problèmes sont différents de ceux des autres
  • Mes problèmes sont insolubles

Face à de tels croyances, le praticien peut engager une discussion socratique et mettre en analyse les distorsions cognitives. Il est aussi possible de pousser le patient à expérimenter cette croyance : mener une expérience comportementale, dont le patient prédit l’issue à l’avance, afin qu’il vérifier par lui-même que sa croyance est fausse.

Difficultés de motivation

Le seconde forme de distorsion est une croyance que « je n’ai pas l’envie ou l’énergie de changer », ce qui se manifeste par des phrases telles que :

  • Je n’ai pas de problèmes,
  • C’est aux autres de changer, pas à moi.

Face à une motivation faible, il est adapté d’utiliser des feedback adaptés (voir chapitre sur l’alliance). Un entretien motivationnel peut aussi s’avérer approprié. Le  praticien se gardera bien d’essayer de démontrer que le patient à tort, car cela ne ferait que renforcer sa détermination à ne pas faire d’effort !

Intolérance à l’incertitude

La troisième forme de distorsion est une croyance que « je ne saurai pas faire face aux conséquences de mon choix » qui va s’exprimer par des phrases telles que :

  • Je ne peux pas supporter l’idée que je risque de faire le mauvais choix,
  • Une fois décidé, je vais ruminer ma décision et revenir plusieurs fois sur mon choix.

Face à cette incertitude, le praticien peut pousser le patient à explorer son intolérance au cours de la résolution de problèmes. En particulier, lui faire évaluer le coût (certain) de sa rumination par rapport au bénéfice (incertain) d’une éventuelle amélioration sa décision. Il peut aussi utiliser la flèche descendante pour évaluer le pire des cas avec le patient, ou encore effectuer une exposition en imagination aux peurs du patient.

Résolution proprement dite

La résolution efficace de problèmes est une compétence de vie essentielle. Pour être efficace, il faut qu’elle regroupe plusieurs étapes, à savoir :

Les étapes de la résolution de problèmes
  1. Définir le problème : l’expliciter, l’approfondir, le formuler en termes précis et concrets.
  2. Élaborer les solutions : inventorier toutes les solutions possibles sans les censurer, sans les évaluer. À cette étape, laisser le plus possible libre cours à son inspiration.
  3. Évaluer chacune des solutions en faisant ressortir les avantages et les désavantages, les conséquences à court terme, à long terme, pour soi, pour les autres, les implications concrètes (argent, temps).
  4. Prendre une décision : compte tenu du bilan de la comparaison des solutions entre elles, opter pour une solution ou un ensemble de solutions.
  5. Exécution de la décision : préciser les tâches reliées à l’implantation de la décision et se fixer un échéancier.
  6. Évaluer les résultats : évaluer les résultats de l’action en fonction des objectifs visés et du problème défini au préalable.
  7. Reprise de la résolution du problème. À cette étape, si les résultats obtenus sont insatisfaisants, recommencer le processus à la première étape en redéfinissant et en reformulant le problème non résolu.

La position du praticien lors de la résolution de problèmes doit être celle d’une curiosité collaborative. Il ne lui appartient pas de porter un jugement ou d’imposer sa solution préférée. Au lieu de cela, le rôle du praticien est de s’asseoir aux côtés des patients et de les aider à examiner les avantages et les inconvénients de leurs options et, si le patient est « coincé » dans une rumination ou un souci, de le motiver à agir.

Une rumination constructive se pose sous la forme : « Comment puis-je…? » plutôt que « Pourquoi…? ». Il est utile de susciter une orientation positive vers le problème qui implique : être disposé à évaluer les problèmes comme des défis (et non comme des catastrophes) ; rester optimiste quant à la résolution des problèmes ; se rappeler qu’une résolution de problèmes réussie demande du temps et des efforts.

Supports

Vous pouvez télécharger les supports ci-dessous, pour les partager avec vos patients ou les utiliser en session.

Mémo : résolution de problèmes
Liste des besoins humains

Ressources

La résolution de problème en psychothérapie

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